Des trous dans mon jardin, petite psychose du Dimanche après midi, où mon infatigable imagination déborde, où des souvenirs ressortent et malheureusement rouvrent dans mon corps des plaies béantes, je me lamente trop, en ce moment, tout va bien, mais je pourrai aussi bien dire que tout va mal, ça ne changerai rien. Je veux des vacances, je veux un hiver déplorable avec -20°C dehors et pourtant courir sur une route verglacée, me casser une jambe et rire nerveusement, criser en entendant une punaise s'infiltrer dans ma chambre, faire un feu de camp, ou au moins, faire semblant, rire de mes bétises, avoir des gerçures plein les lèvres et porter un bonnet rose, avoir les mains gelée, regarder des films dans une maison vide, me bagarrer avec mon frère, pleurer des larmes de crocodiles, livre des livres bien, lire des livres nazes, avoir 15ans et en vouloir 18, chanter, s'acheter un violon pour Noël, faire de la guitare avec Anna, prendre des photos, espérer un lendemain.
J'ai perdu peut-être plus que moi-même dans l'histoire, je me relève encore en fait, c'est peut-être pour cela que je ne pardonne toujours pas à cette fille qui m'a fait sombrer, j'amplifie peut-être les choses. Fumer un joint ou se faire une ligne de coke, plus rien n'a d'importance, je suis droguée à moi-même, mon imagination fait mal, mes rêves me brisent, toujours plus avec l'âge, même si 15ans sont dérisoires face à plus de 5000ans d'humanité.